Dossiers spéciaux

Sylvain Chomet, le chemin de l’animation à contre-pied

THE SCHOOL

Publié le 09/12/20

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Parmi les nouvelles écoles indépendantes qui s’ouvrent en France, figure The SChool de Sylvain Chomet (Les Triplettes de Belleville, l’Illusionniste) qui sera inaugurée à Bayeux (Calvados) à la rentrée 2021.

© Sylvain Chomet

Annik Hémery

Quelles sont les raisons qui ont présidé à la création de The SChool qui entend être une académie de dessin animé ?

Par goût de l’enseignement : le fait d’enseigner est aussi gratifiant que de réaliser un film. Et aussi à la suite d’un constat alarmant : en tant que recruteur pour mes films d’animation, je vois le niveau en dessin des animateurs baisser régulièrement. Ils ne savent plus dessiner des personnages sans erreurs de proportions, etc. Or le dessin est un préalable à l’animation. Mais cette pratique est de moins en moins enseignée dans les écoles d’animation.

 

Comment The SChool, dont le cursus est de trois ans, va-t-elle y remédier ?

The SChool apprend d’abord, en se basant sur des techniques académiques (cours de nus, de modèles vivants…), le dessin appliqué à l’animation : comment construire un personnage, comment il s’articule… Il faut savoir également dessiner dans des styles graphiques différents. Tous les étudiants, dès la première année, travailleront sur une table d’animation traditionnelle (avec papier et crayon). L’animation 2D, qui est relativement simple à apprendre, est abordée en seconde année. Ils découvriront alors des logiciels 2D comme TVPaint (etc.).

La troisième année sera consacrée à la réalisation d’un petit film d’animation. En attendant l’ouverture de l’école (retardée à cause du covid), j’organise des stages d’initiation à l’animation ainsi que des master classes pour les plus avancés.

 

Vous insistez aussi sur l’aspect international de l’école…

Comme le travail d’animateur amène à voyager, les cours seront donnés majoritairement en anglais. Les étudiants étrangers devraient composer la moitié des effectifs (une trentaine d’étudiants sélectionnés sur dossier sont attendus). Ce n’est pas un hasard si The SChool est installée à Bayeux, une ville réputée pour son cosmopolitisme…

 

Vous avez installé votre studio d’animation à proximité de The SChool. L’enseignement et la production sont-ils de bon voisinage ?

J’ai appris le métier sur le tas en débutant comme intervalliste dans un studio d’animation. Je pense qu’un élève progresse beaucoup plus vite aux côtés de professionnels que dans un contexte scolaire. Il est donc important que l’enseignant soit lui-même un professionnel en activité. En installant mon studio dans les locaux mêmes de l’école, les étudiants resteront dans une ambiance de studio et ils pourront voir en quoi consiste réellement le métier d’animateur (ou du story-board, du layout, du character design, etc.).

 

Quels seront les films en cours de production lors de l’ouverture de The SChool ?

Nous allons entrer en production sur Bud, not Buddy, une adaptation en 2D du roman de Christopher Paul Curtis qui raconte, sous la forme d’un road movie, l’enfance d’un enfant noir lors de la Grande Dépression aux États-Unis (production Dirty Films). Nous débuterons aussi la production d’un biopic en animation 2D sur les débuts de Marcel Pagnol lorsqu’il monte à Paris (production Ashargin Poiré). Le studio travaille aussi sur deux autres films en prises de vue. Ce n’est pas le travail qui nous manque…

 

Extrait de l’article paru pour la première fois dans Moovee #4, p.54/63. Abonnez-vous à Moovee (6 numéros/an) pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.