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Adobe Premiere Rush CC pour les filmeurs « mobiles »

MULTIPLATEFORME

Publié le 07/12/19

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Visite interactive proposée à l’ouverture de Premiere Rush. © DR

Si la consommation de la télévision dans sa forme historique est en baisse, les « filmeurs » sont pourtant de plus en plus nombreux. La raison est simple : la vidéo est omniprésente dans notre quotidien, non plus simplement sur un poste de télévision mais sur ordinateur, sur smartphone, dans les transports, au travail ou dans l’intimité d’une chambre. Les profils des nouveaux vidéastes sont très variés : communicants de tout poil, chefs de petites et moyennes entreprises, youtubeurs, vloggers, formateurs ; pour ces nouveaux créatifs, de nouveaux outils sont nécessaires. La caméra en premier a changé : le modèle préféré des caméramen mobiles c’est… le smartphone. Pour la simplicité, mais pas uniquement ! Les images produites par les téléphones récents sont excellentes. Mais après les avoir mises en boîte, il faut monter ces images. D’où Adobe Premiere Rush CC, outil de montage multi-plates-formes pour les filmeurs « mobiles ».

Les grands éditeurs logiciels ne se sont pas jetés tout de suite dans cette nouvelle bataille : une place vacante rapidement investie par de nouveaux entrants proposant des produits de qualité pour filmer (Filmic Pro), pour monter (LumaFusion, Kinemaster, Splice) ; parfois même les deux et bien plus avec la suite d’applications professionnelles CT pro mobile vidéo suite. Adobe Premiere Rush symbolise peut-être le réveil des éditeurs « historiques ».

 

Adobe Premiere Rush, c’est quoi ?

C’est avant tout une solution de montage vidéo conçue pour offrir une expérience utilisateur similaire sur tous les supports : smartphones, tablettes et ordinateurs (Mac et PC). Ce nouveau venu vient s’inscrire dans un écosystème existant. Il y a un peu plus de 10 ans, Adobe avait profité de l’évolution du logiciel Final Cut Pro d’Apple (du 7 au X) pour renforcer sa place dans le secteur de la vidéo en professionnalisant l’outil Adobe Premiere Pro. Adobe Premiere Rush est conçu autour du moteur de Premiere Pro, ce qui permet une compatibilité ascendante : des projets pourront être débutés sur Rush et poursuivis, améliorés, ou complétés avec Premiere Pro. Des monteurs professionnels pourront poursuivre un travail initié sur le terrain. Au-delà du public ciblé par l’application, des rédactions plus traditionnelles sont susceptibles de s’emparer de l’outil. Des journalistes pourraient par exemple l’utiliser pour préparer l’ours, ou la maquette de leurs reportages sur le terrain, avant l’intervention d’un monteur. Dans Adobe Premiere Rush, l’utilisateur dispose de quatre pistes vidéo et trois pistes audio.

 

L’expérience mobile

L’application est disponible sur les iPhone à partir du modèle 7 et sur les iPad équipés au minimum de la puce A9 ARM (à partir d’iOS 11). Pour les Androidiens ou les Androistes, enfin pour tous les utilisateurs de smartphones sous Android, le choix est plus limité. Actuellement, seuls les modèles Samsung Galaxy S8, 8+, 9, 9+, 10, 10+, 10e, Note 8 et 9, Google Pixel 2, 2XL, 3 et 3XL et OnePlus 6 et 6T en sont pourvus. Sur iOS, l’application s’installe via l’AppStore ; l’utilisateur doit alors renseigner ses identifiants Adobe Creative Cloud avant d’accéder à l’application et de créer son premier projet. On commence un projet en y ajoutant des médias depuis tous les emplacements locaux de l’iPhone (vidéo, photo, audio), ou depuis les espaces de stockage « nuagiques » Adobe Creative Cloud ou Dropbox.

 

Filmer à partir d’Adobe Premiere Rush

En plus de ses fonctionnalités de montage auxquelles on pense en premier, Rush propose également une interface simple pour filmer et intégrer les médias au projet ouvert dans le logiciel. Pour l’instant les fonctionnalités sont très simples et il peut être judicieux de conserver son application de tournage préférée, telle Filmic Pro ci-dessus déjà citée. Il est possible avec Rush de choisir la sensibilité (ISO), de régler la netteté, la vitesse d’exposition ainsi que la cadence d’images (25 images par secondes par exemple) et de s’assurer qu’elle restera fixe tout au long de la prise de vue (la cadence pouvant varier avec l’application caméra native de l’iPhone). Au niveau audio, on ne pourra pas choisir le type de source (automatique) ni vérifier les niveaux à l’aide de vumètres. Il y a des options de rack-focus, mais pas d’assistance à la mise au point et on ne dispose pas d’affichage des zones sous ou surexposées. Malgré ces limitations, les options de l’application caméra restent suffisantes pour une grande partie des utilisateurs.

 

Adobe Premiere Rush sur ordinateur

Que l’on continue un projet entamé sur smartphone ou que l’on en débute un tout neuf, la découverte de l’outil sur ordinateur est très proche. Si le projet est fraîchement débuté sur l’ordinateur, vous êtes invité à lui donner un nom avant de choisir les médias qui seront intégrés à la séquence. Un projet contient en effet une unique séquence. Il vous est alors proposé de copier les médias sur votre disque dur ; si vous avez filmé avec un smartphone c’est une étape indispensable, complétée par la possibilité de synchronisation avec le compte Creative Cloud de l’utilisateur.

 

Silence ! on monte

Comme on pouvait le présager, les outils sont limités à leur strict minimum et le maniement simplifié à l’extrême. On déplace les médias, on les découpe avec une paire de ciseaux. La timeline (frise temporelle commune à tous les logiciels de montage pour organiser vos médias) rappelle ici beaucoup celle de Final Cut Pro X, elle est moderne et « magnétique ».

Avec ce dernier terme, on signifie que le déplacement des médias en amont ou en aval de leur position originelle réorganise automatiquement les éléments voisins. Il est possible d’afficher plus d’options dans la timeline, avec la matérialisation des pistes audio et vidéo et des outils pour bloquer, voir ou entendre sélectivement les pistes. Dans cet entête des pistes, on trouve également l’outil d’enregistrement des voix-off matérialisé par une icône en forme de microphone. Le « trim », l’opération de montage consistant à allonger ou réduire les plans par leurs débuts ou leurs fins, est très intuitif et fluide, bravo !

 

Une histoire de compromis

Une fois le montage mis en forme narrativement, il reste à l’améliorer. C’est tout le challenge d’une solution comme celle-ci. Il faut conserver l’attrait de la simplicité et offrir suffisamment de possibilités pour combler les volontés des artistes les plus ambitieux. C’est donc une question de délicats compromis, mais également de technologie. Car la véritable force d’Adobe tient dans ses équipes de développement et dans la transversalité de ses outils. Il est donc ici fait appel aux puissants modules développés dans les outils dédiés et progressivement déployés dans les logiciels plus généralistes. C’est ainsi que l’on retrouve dans Adobe Premiere Rush les dernières solutions déjà déployées dans Adobe Premiere Pro. Grâce à une interface intuitive, ces outils associent l’intelligence artificielle à de puissants automatismes. Pour le travail de la couleur on reconnaît des outils dérivés des modules Lumetri d’Adobe Premiere Pro (Lumetri est le nom du moteur de rendu d’étalonnage d’Adobe). De puissantes options venues de la fenêtre Audio Essentiel permettent d’optimiser les bandes-son (le module audio essentiel a été développé dans Adobe Audition avant d’être intégré dans Adobe Premiere Pro). Pour le titrage, on retrouve l’intégration des modèles d’animation graphique.

 

On exporte et on partage

Une interface est dédiée à l’export et à la diffusion des films sur les réseaux. C’est simple et efficace ; après renseignement des coordonnées YouTube, Facebook, Instagram et/ou Behance, il est possible de sélectionner les différents interrupteurs pour initier les exports et les diffusions. Nul besoin de grandes compétences techniques, les choix qualitatifs et techniques des exports sont très orientés, tel le choix entre la qualité d’export faible, moyenne ou élevée.

 

Rush est un outil très récent

Nous espérons qu’Adobe Rush se démocratise encore plus et soit rapidement disponible pour un nombre de modèles plus important de smartphones Android. L’autre grand challenge est l’optimisation du compromis entre la simplicité d’utilisation et la mise à disposition d’options suffisamment évoluées directement depuis Rush (sans aller dans Premiere Pro). Ces choix de développements sont très sérieusement étudiés par Adobe, et pour cela une page dédiée permet aux utilisateurs d’interagir avec les équipes de développement d’Adobe. En cliquant sur une petite icône en forme de bulle de bande dessinée vous pouvez envoyer un commentaire pour demander de futures améliorations ; il est également possible de participer à des votes pour prioriser les évolutions attendues. Actuellement, les utilisateurs souhaitent majoritairement que soient intégrées au logiciel des fonctionnalités de modification de la vitesse des plans (ralentis) ; Adobe confirme leurs développements.

 

Le grand rush

Si on osait ce trait d’humour, Adobe ne s’est pas pressé pour nous proposer cet outil dédié aux nouveaux créateurs vidéo. Mais le produit est fort bien conçu et agréable à utiliser. La prise en main est évidente, que ce soit sur smartphone, iPad ou sur ordinateur ; et c’est un point primordial. Le lien avec les autres outils de la suite est l’autre grand atout d’Adobe Premiere Rush : avec Premiere Pro via la compatibilité ascendante et la possibilité de créer des modèles d’animation, et avec les logiciels dédiés tels qu’Audition à partir desquels ont été créées les fonctionnalités de postproduction de Premiere Rush. Le Creative Cloud apporte aussi une grande fluidité dans l’utilisation de Premiere Rush : un projet commencé via l’application iPhone pourra être continué sur un ordinateur directement grâce à l’option « synchroniser avec Creative Cloud ».

Question prix, Adobe a également souhaité proposer une offre plus agressive. Adobe Rush est disponible pour les utilisateurs déjà abonnés à l’offre complète Adobe Creative Cloud, et le logiciel seul peut être loué pour un tout petit peu moins de 12 € par mois. Une formule starter gratuite limitée (à trois exports) permet de le tester avant.

 

Extrait de l’article paru pour la première fois dans Moovee #1, p.54/59. Abonnez-vous à Moovee (4 numéros/an) pour accéder, dès leur sortie, à nos articles dans leur intégralité.

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